Tout était calme ce matin-là, dans la forêt. De temps en temps, un oiseau dissimulé dans les frondaisons lançait un trille perçant. De temps en temps, un frôlement dans les fourrés signalait que la sylve n'était pas aussi déserte qu'il y paraissait. Et les craquements, les grincements qui résonnaient parfois renforçaient l'impression d'être dans un lieu hors du temps, protégé de l'effervescence fiévreuse du monde extérieur. Le promeneur, impressionné, marchait plus lentement, regardant tout autour de lui, s'émerveillant de la teinte verte de la lumière au cœur de la forêt, admirant les racines énormes que certains arbres étendaient sur le sol couvert de mousse et de feuilles brunies depuis longtemps, retenant son souffle au moindre bruit, avec l'espoir, peut-être, d'apercevoir un lièvre ou un chevreuil, peut-être, qui sait.
C'est alors qu'il la vit : en bordure d'une clairière qui s'ouvrait plus loin, il discerna une silhouette gracieuse, au corps souple et sinueux, les bras levés comme pour puiser autour d'elle l'énergie bienfaisante de la forêt. Sa peau brune comme l'écorce et sa robe de mousse verte épousant son corps ,e laissaient aucun doute quant à ce qu'elle était : une dryade. Doucement, le plus discrètement possible, le promeneur avança, pas à pas, posant précautionneusement ses pieds sur le sol pour la surprendre. Enfin, il fut tout près. Un arbre s'interposait entre lui et la vision féérique, il s'écarta d'un pas... Hélas, ce n'était qu'un tronc d'arbre tordu, moussu, dont la ramure avait été brisée par l'orage. Déçu, il sortit tout de même son appareil photo. Cela ferait une belle image à conserver...
Il repartit, tandis que la dryade, dans son dos, était secouée d'un rire silencieux. Puis, elle se figea dans un long sommeil à nouveau.
Nouvelles et romans
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samedi 29 juin 2013
mercredi 28 mars 2012
La sieste
Il dormait. Son flanc éclairé par le soleil se soulevait paisiblement au rythme de sa respiration et, roulé en une boule duveteuse d'un roux lumineux, les paupières closes, le renard était l'image même de l'innocence et de l'insouciance. Le froissement des feuilles qui tapissaient le sol vint troubler le silence et un homme apparut - un homme qui traquait les animaux sauvages.
En apercevant le renard, le chasseur stoppa net son avancée précautionneuse. Dans la lumière dorée de ce début d'automne, le pelage de l'animal endormi flamboyait, or et cuivre. C'était un jeune, sans doute aucun ; les plus expérimentés se cachaient au fond de leur tanière pour se reposer ; mais lui, insouciant et naïf, il s'était couché là, en plein soleil, pour profiter de sa chaleur bienfaisante.
Emu, le chasseur hésita, recula... mais sa passion était plus forte que tout : il visa soigneusement. Son doigt s'abaissa. Un léger déclic se fit entendre et il écarta l'appareil photo de son visage. Chasseur d'images... quel beau métier ! En souriant, les yeux brillants, il s'éloigna sur la pointe des pieds.
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